Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/119

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» DE GUSTAVE FLAUBERT. 1 1 5 l tout bleus, l’espace immense. A un endroit que tu trouveras sur ta carte et que lion appelle Ed- l<ou, on passe l'eau en bac. La, nos gamins avaient acheté au conducteur de deux chameaux quelques · dattes dont ceux-ci étaient chargés. A une demi- lieue plus loin environ, nous chevauchions tran- quillement côte a côte, à cent pas de nos guides , A p qui nous suivaient par derriere, quand tout à coup nous clétournons la téte à un bruit de grands cris ` qui nous arrive. Nos hommes se bousculaient tous et nous faisaient signe de venir. Sassetti s'enleve . au grand galop avec son pet-en-l’air de velours ` ui vole au vent, nous enfonçons nos éperons dans le ventre de nos chevaux et nous arrivons sur le théâtre du conflit. Cétait le propriétaire des dattes qui suivait de loin ses chameaux et qui, voyant nos jeunes drôles en imanger, avait cru qu ils les avaient volées et était tombé sur eux ai coups de bâton. Mais quand il vit trois bougres fondre sur lui avec des fusils accrochés a leur selle, les rôles , ` changerent et, de battant qu'il était, il devint battu. Le courage alors revint ai nos hommes qui tom- V berent dessus a coups de triques et de façon à ce que la peau du derriere lui en pétait a chaque bordée. Pour éviter les coups, il entra dans la mer en relevant sa robe de peur d'être mouillé; les · autres l’y suivirent. Plus il relevait sa robe, plus il offrait de lace aux bâtons qui roulaient sur lui comme des baguettes de tambour. Il niv avait rien de plus drôle a considérer que ce cul noir au milieu des vapeurs blanches. ll hurlait comme une bête féroce. Nous autres, nous étions la sur le bord à rire comme des fous. .l'en ai encore mal · xr. - 8 A