Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/140

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, A . 134 _ CORRESPONDANCE _ I mais ai qui ils ont allaire. Avant-hier matin, I2,' anniversaire .de ma naissance, nous sommes re- venus au Caire par une autre route, marchant tout le temps sous les palmiers ou au bord du Nil et allant au petit pas pour faire durer le plaisir; aussi avons—nous mis sept heures pour une route qui en — demande quatre. - Je t’ai parlé de verdure. Cela peut te sembler — drôle. Mais il dy a en Egypte deux choses, l’Egypte proprement ite, la vallée, tout ce qui reçoit . l'inondation, qui est plus vert que la Normandie, et immédiatement à côté le sable aride, le désert, ` de sorte que ces deux couleurs tranchent bruta- - lement côte a côte, dans la même vue, comme du haut des pyramides, par exemple. Vous voyez des champs, des prairies, des mosquées,·et le desert, cette grande polissonne d°étendue qui est violette au soleil levant, grise en plein midi, et . rose le soir. Ahl tout cela est bien farce. , 242. À soN FRÈRE. Le Caire, 15 décembre 184.9. ' Tu dois commencer à trouver que je suis une fière canaille de ne vous avoir pas donné plus tôt - de mes nouvelles, mon cher Achille; mais c’est tout au plus si j'ai le temps, a chaque courrier, cle griflionner a la hâte quelques lignes pour notre pauvre mère. Nous rentrons le soir passablement - échignés et, des que nos notes sont prises, nous tapons de l’œil. Voila deux jours que nous sommes revenus des pyramides. De tout ce que j’ai vu jusqu'a présent, c’est a coup sûr ce qu’il y a cle