Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/142

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. 1 g 6 CORRESPONDANCE humaine. Quantité de messieurs marchent com- · pletement nus, ce qui fait détourner les yeux

_ _des Anglaises; les droles sont du reste cranement

tournés et outilles. Quant aux femmes, on ne leur voit rien de la figure, que la poitrine en plein. Dans la campagne, par exemple, quand elles , vous voient venir, elles prennent leur vêtement, se le ramènent sur le visage et, pour se cacher la mine, se découvrent ce qu’on est convenu d’ap- eler la gorge, c’est-à-dire l’espace compris depuis ` lle menton iusqu’au nombril. ~ ·Ah! i’en ai t’y vu de ces tetons! j’en ai t’y vu! t j’en ai t'y vu! ‘ ' I - Remarque 2 Le teton d’Egypte est tres pointu, i I en forme de mamelle, et n'excite pas du tout. _ Mais ce qui excite, par exemple, ce sont les chameaux ( es vrais, ceux qui ont quatre pattes) traversant les bazars; ce sont les mosquées avec ' leurs fontaines, les rues pleines de costumes de tous pays, les cafes qui regorgent de fumée de tabac et les places publiques retentissantes de ba- ladins et de farceurs. Il y asur tout cela, ou plutôt ' c’est dë tout cela que ressort une couleur d’en_f`er qui vous empoigne, un charme singulier qui vous tient bouche béante. ’ ` Quant aux almées du Caire, il n°y en a plus . ` au Caire; elles sont reléguées dans la Haute- _ Egypte. En revanche il y a des almées mâles, V citoyens a métier suspect, habillés en femmes et qui se trémoussent d’une belle façon. Après de- main, nous en ferons venir six dans le jardin de ` l’hôtel et nous nous donnerons unereprésentation complete. Ce que i’en ai déjà vu dans la rue m’a paru tres beau.