Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/184

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A 1 78 CORRESPONDANCE cigognes, et de grandes grues qui sa tiennent au bor du fleuve par longues files alignées comme des régiments. Elles s'envolent en battant des ailes quand elles aperçoivent la cange. Ici, du reste, en Nubie, cela change; il a peu d’animaux. Cela devient lus vide. Le Nilyse res- serre entre des rochers; lui qui était si large est .maintenant resserré, par places, entre des mon- tagnes de pierre; il a l’air de ne pas remuer et se tient plat, scintillant au soleil. _ Avant-hier nous avons passé les cataractes ou , _ pour mieux dire, les cataractes de Ia première Cataracte, car c'est tout un pays. Des nègres nus traversent le fleuve sur des troncs de palmier, en ramant avec les deux mains. Ils disparaissent dans · les tourbillons d’écume plus rapidement qu’un llocon de laine noire jeté dans un courant de . moulin. Puis le bout de leur tronc d'arbre (sur , lequel iIs sont couchés) se cabre comme un cheval. On les revoit, ils arrivent à nous et montent à bord; l’eau ruisselle sur leurs corps lisses comme sur les statues de bronze des fontaines. La description de la maniere dont on passe les cataractes est trop longue. Sache qu’un coup de gouvernail à faux casserait le bateau net sur les · rochers. Nous avions environ cent cin uante hommes pour haler notre bateau. Tout céla tire ensemble sur un lon câble et gueule d'accord, ` A en poussant de grandê cris. Nous sommes arrêtés dans ce moment Faute de . vent. Les mouches me piquent la figure; le jeune Du Camp est parti faire une épreuve. Il réussit assez bien; nous aurons, ie crois, un album assez · gentil. ` _. `