Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/258

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25 z' CORRESPONDANCE ` se reposent sur les flots. Sur les toits des maisons il _y a des nids de cigognes, abandonnés l'hiver. A Dans les cimetières les chèvres et les ânes brou- tent tranquillement et, la nuit, les femmes tur- ques y donnent des rendez—vous aux soldats. Le cimetière oriental est une des belles choses de l'Orient. II n’a`pas ce caractère profondément r r agaçant que je trouve chez nous a ce genre d’éta- b issement; point de mur, point de ossé, oint de séparation ni de clôture quelconque. Cla se i trouve à propos de rien, dans la campagne ou dans une ville, tout a coup et partout, comme la mort elle-même, à côté de la vie et sans qu’on y prenne garde. On traverse un cimetière comme on tra- ' verse un bazar. Toutes les tombes sont pareilles; · J elles ne diffèrent que par Yancienneté. Seulement, à, mesure qu’elles vieillissent, elles s’enfouissent et disparaissent, comme fait le souvenir qu'on a des morts. Les cgprès plantés en ces lieux sont gigan- tesques. Ca onne au site un jour vert plein de . tranquillité. A propos de sites, c’est ai Constanti- nople véritablement que l’on peut dire : Un site! ah! quel tableau! . Ou en es-tu avec la muse? je m’attendais ici at trouver une lettre de toi et quelque chose en vers y inclus. Que devient la Chine? Que lis-tu? Comme fai envie de te voir? ‘ · Quant a moi, littéralement parlant, je ne sais . où j’en suis. le me sens quelquefois anéanti ( le mot est faibleà; d'autres fois le style «limbique» (à l’état de lim e et de fluide impondérable) passe et circule en moi avec des chaleurs enivrantes. ~ Puis ça retombe. Je médite très peu, je rêvasse ' occasionnellement. Mon genre d’observation est