Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/260

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254 CORRESPONDANCE A I . cl’une rivière grande comme l’Eau de Robec. · Ce qui me turlupine, c’est la parenté d’iclées entre ces trois plans. Dans le premier, l'amour inass0u— `vissable sous les deux formes de l'amour terrestre et de l’amour mystique. Dans le second, même histoire; mais on se donne, et l’amour terrestre est moins élevé en ce qu’il est plus précis. Dans le · troisième, ils sont réunis dans la même personne, et lîun mène-a l'autre; seulement, mon héroïne crève d’exaltation religieuse après avoir connu l'exaltation dessens. Helasl il me semble que lors- qu’on dissèque si bien les enfants à naître, on n’est pas assez monté pour les créer. Ma netteté métaphysique me donne des terreurs. Il faut pourtant que j’en revienne. .l'ai besoin de me clonner ma mesure a moi-même. Je veux, pour vivre tranquille, avoir mon opinion sur mon compte, opinion arrêtée et qui me réglera dans ' l’emploi de mes forces. Il me faut connaître la qualité de mon terrain et ses limites avant de-me mettre au labourage. .l’éprouve, par rapport à mon état littéraire intérieur, ce que tout le monde, a notre âge, éprouve un eu par rapport ai la vie sociale : «Je me sens le lliesoin de m’établir. » A Smyrne, par un temps de pluie qui nous em- pêchaitde sortir, j’ai pris au cabinet delecture Artlzur, cl’Eugène Suë. l a de quoi en vomir; ça n’a gas de nom. Il faut lire ça pour prendre en piti l’argent, le succes et le public. La littérature a mal à la poitrine. Elle crache, elle bavache, elle a N des vésicatoires quîelle couvre de talletas pom- madés, et elle s’est tant brossé la tête qu'elle en a , perdu tous ses cheveux. Il faudrait des Christs de _ l’Art pour guérir ce lépreux. · `