Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/270

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264 . CORRESPONDANCE me refuse généralement point. Tu me fais tant de- compliments sur mes lettres que je crois que l'amour maternel (aveugle tout a fait. Car il me semble, à moi, que je ne t’envoie que de bien 4 fades lignes et surtout bien mal écrites. Cest comme celles que j’envoie a Bouilhet; le cœur ' — m’en soulève quand je les relis. Quant à toi, comme je sais que ce n’est pas la qualité mais la quantité qui tlimporte, je t’en expédie le plus que ` _ je peux. _ .l’ai lu ton numéro 4.5 avant-hier, dans le bureau A même du Directeur des Postes ( qui est dans toutes les villes, qu’il soit Turc, Français ou Arabe, la-

 personne avec laquelle je me mets tout d'abord le

‘ mieux possible). Grâce à mes bassesses,. j’ai mes lettres trois heures avant tout le monde. On m’en · a d'abord donné une du jeune Bouilhet qui m’a Fort amusé, puis une de toi ou je vois que tu vas _ bien; c’est ce que m’assure de son côté mon an- cien collaborateur. En Fait de _nouvelles que tu· i 1n'apprends, le mariage d'Eugénie m’a fait rire ;. je suis vexé de ne pas assister à la noce. Tu sais mon goût pour les noces. Je suis curieux de voir ce que tu auras décidé · relativement ai ton voyage cl'ltal1e et si tu emmene- ras la petite. Ecris-moi à Athènes. Nous ne savons, '~ au juste quand nous partons de Constantinople, ‘ · mais ce sera probablement d’ici rs une quinzaine. Nous nous ruinons dans les villes; tout notre voyage de Rhodes et d'Asie Mineure nous a moins coûté que douze jours passés à Smyrne, où nous n'avons pourtant rien acheté. Mais la vie _ européenne est exorbitante. Deux piastres, Ma- . dame! deux piastres, (dix sols!) pour laver un