Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/34

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2 8 CORRESPONDANCE Si je te revoyais maintenant, il me semble que je · t’expliquerais un tas de choses qui me viendraient et quetu comlprendrais, et alors tu ne m'accuserais · plus, tu ne p eurerais plus. Oh! si ye t’ai fait de ç a peine, si fai ouvert en toi, au ieu de cette source de joie que l'amour extrait des cœurs les plus arides, le lac morne des désespoirs latents, si, voulant Eappuycr sur moi pour y asseoir ton âme, tu n’as trouvé que douleur et amertume, si je t'ai menti enfin, si je te suis la désillusion de ce que tu croyais, ne m en veux pasl ne m'en veux pas! .lama1s je n’ax voulu te blesser; jamais, même au fond, même dans le recoin obscur our tous, je n’ai eu pour toi un mouvement méchant; et si fai été dur, c'est que je. suis malade, va. Soufï frant, aigri, la vie m’éreinte comme un trot trop dur qui vous casse les reins. Il n'y a que seul que je ne souflre plus. Les meilleures aH·`ecti0ns m ir- ritent souvent démesurément. .l'ai beau me retenir, il en sort trop. Je trouve que le monde a raison _ de me trouver intolérant; mais il ne sait pas, en revanche, tout ce que je tolère sans rien dire. Adieu, mon amie, adieu. Je serai à Rennes dans ` I · io jours, et revenu je ne sais quand. Veux-tu que je tembrasse, hein? Eh bien, si tu as peur que ça encore ne te remue, sur la main, et détourne la tête. I · 196. À ERNEsr CHEVALIER. . Saint-Malo, I3î\1lllCt 18+7. .l'ai reçu ici avant-hier ta lettre qui a voyagé, avant de m’arriver, de Croisset à Rouen , de Rouen