Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/349

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 34; V Je suis étonné, chère amie, de l’enthousiasme excessif que tu me témoignes pour certaines parties ' de l'Educati0n. Elles me semblent bonnes, mais as a une aussi grande distance des autres que tu lle dis. En tous cas je n’approuve point ton idee d’enlever du livre toute la partie de Jules pour en laire un ensemble. Il Faut se reporter a la façon _ dont le livre a été conçu. Ce caractère de Jules n’est lumineux qu’a cause du contraste d’Henry. ` U·n des deux personnages isolé serait faible. Je `n’avais d’abord eu l’idée que de celui d’l·lenry. La nécessité d’un repoussoir m’a fait concevoir celui , de Jules. Les pages qui t’0nt frappée (sur l’Art, etc.) ne me semblent pas dilliciles a Faire. Je ne les referai pas, mais je crois que je les ferais mieux. Cest ardent, mais ça pourrait êtreïplus synthétique. J ’ai fait depuis des progrès en est étique, ou du moins `e me suis allermi dans l’assiette que j’ai rise de . J bonne heure. Je sais comment il fmt faire. Ch mon Dieu! si j’écrivais le style dont j’ai l’idée, quel écrivain je serais! ll y a dans mon roman un cha- pitre qui me semble bon et dont tu ne me dis rien, c’est celui de leur voyage en Amérique et toute la lassitude d’eux-mêmes suivie pas à pas. Tu as Fait la même réflexion que 1noi a propos du Voyage d’Ital2`c. Cest payer cher un triomphe de vanité qui m’a Hatté, je l’avoue. J’avais deviné, voila tout. — Pas si rêveur encore que l’on pense, je sais voir et voir comme voient les myopes, jusque dans les . pores des choses, parce qu'i s se fourrent le nez dessus. Il ·y a en moi, litterairement parlant, deux bonshommes distincts : un qui est épris de guew ladcs, de lyrisme, de grands vols d’aigle, de toutes