Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/393

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DÉ GUSTAVE FLAUBERT. 587 cause. Cest même un grand effort que ie fais que ' de t'écrire. Je suis brisé et anéanti de tête et de corps, comme apres une grande orgie. Hier, fai passé cinq heures sur mon divan, dans une espece de torpeur imbécile, sans avoir le cœur de faire un geste, ni l’espr1t dlavoir une pensée. Nïmporte, continuons. J ' l e trouve donc que le style est génera ement mou, lâche et composé de phrases toutes faites. Cest de la pâte qui n’a pas été assez battue. lfexpression n’est point condensée, ce qui, au théâtre surtout, fait paraître l’1dée lente, et cause de l’ennui. 'Et d’abord tout le I" acte est une exposition. lfaction se passe au second et des la pre- a mière scène du 3° on devine le dénouement. La derniére scène du z° acte est pleine de mouvement. Si tout était comme ça, ce serait superbe. La premiere scene (monologue de la Femme de chambre) est à tout le monde. Qui ne connaît t ce plumeau, cette glaceou elle se mire ? _ La seconde, avec le garçon de restaurant, est assez drôle en elle-même. Mais que d’abus de ça ! et la plaisanterie du chantage est d’un goût mé- ` diocre. Quant aux deux personnages de Léonie et de Mathieu, je n’y comprends rien. lls sont parfois tres cyniques et dautres fois tres vertueux, sans ‘ que ce soit fondu. On se révolterait de ces · mœurs-là. qui sentent le Macaire (sauf l’exagération, laquelle sauve ce personnage) ; et puis, et L puis, que de négligences I Je t’assure, pauvre chere ouise, que cette lecture m'est péni le, Je peux ne rien entendre au théâtre ; mais quant au fran' çais en lui-même, il me semble que tu es la J _ 2 ;.