Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/409

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DE GUSTÀVE FLAUBERT. 403 sens sous mes doigts ta peau si fine et ta taille abandonnée sur mon bras gauche. Je n’ai pas eu beaucoup de voluptés dans ma vie (si i'en ai beaucouë souhaité).-Tu m’en as donné quelques-unes. t je n’ai pas eu non plus beaucoup d’amours (heureux surtout) et je sens pour toi quelque chose de plus calme, mais de tout aussi pro ond , de sorte que tu es Ja meilleure affection qpe ïaie eue. Elle se tient sur' moi avec un grand alancier. ' J’ai été bousculé de passions dans ma jeunesse. , Cétait comme une cour de messageries où l’on - est embarrassé par les voitures et les portetaix : c'est pour cela que mon cœur en a gardé un air aliuri. · Je me sens vieux Jà-dessus. Ce que fai use d’é- nergie dans ces tristesses ne peut être mesuré par personne. Je me demande souvent quel homme je serais si ma vie avait été extérieure au lieu d'être intérieure; ce qu'il serait advenu si ce que fai . voulu autrefois je l’eusse possédé... ' Il niv a qu’en province et dans le milieu litté- raire ou je nageais que ces concentrations soient possibles. Les jeunes gens de Paris ignorent tout cela. · ` C dortoirs de mon colJe e, vous aviez des mé- Jancolies plus vastes que ceâes que fai trouvées au désert! Adieu,·voilà minuit passe. Mille baisers. Hein quelle lettre! En ai-je barbouillé de ce papier! Jé t’embrasse partout. ` ·_ A toi. Ton G. · 26.