Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/462

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4 5 6 CORRESPONDANCE _ soi, les autres, le soleil, les tombeaux, etc., on _ fait du sentiment sur tout, et les pauvres femmes les trois quarts duitemps _y sont prises. C'est pour donner une bonne idée de lui qu’il te disait : essa ez, j’ai échigné des ltaliennes (laquelle idée clllta-· liennes s’associe à celle de volcan; on voit toujours le Vésuve sous leur jupon., Erreurl l’ltalienne se l rapproche de l'Orientale et est molle ài la fesse, - « Folle à, la messe », comme eut dit ce vieux Rabe- ` lais; mais n’importe, c’est une idée reçue), tandis que le pauvre garçon ne peut 'seulement peut-être pas satisfaire sa blancbisseuse. Cest our paraître un homme à passions ardentes qu’il disait : « Moi, , . je suis jaloux, je tuerais une femme, etc. ». On ne tue pas les femmes, on a peur de la cour d’assises. Il n’a pas tué George Sand. Cest pour paraître un luron qu’il disait : « Hier j’ai failli assommer un journaliste ». Oui, failli, car on l’a retenu. Cest peut-être l’autre qui l'eût assomme. Cest pour pa- raître un savant qu'il disait : « J e lis Homère comme . Racine ». Il n’y a pas, à Paris, vingt personnes qui en soient capables, et de ceux qui en f`ont leur métier. Mais quand on s’adresse ai des gens qui n’ont ja-mais étudié le susditërec, on vous croit.` _ ` Cela me rap elle ce bon autier me disant, : _ « Moi, je sais le latin comme on le savait au moyen âgen, et le lendemain je trouve sur sa table une traduction de Spinosa. « Pourquoi ne le lisez-vous . · pas _dans l’original? —— Ah! c’est trop difficile. » Comme on ment! Comme on ment en ce bas ·. mondel Bref, les bras tendus aux arbres et les regrets dithyrambiques de sa jeunesse perdue me semblent partir du même sol. Elle sera émue, elle ` voudra (se di1·a—t-elle) me sauver, me relever, elle