Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/14

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8 CORRESPONDANCE 707. À MADEMOISELLE LEROYER DE CHANTEPIE. Croissct, 18 janvier x86:. Je suis bien cou able envers vous, chere Demoiselle, et je n’ai dautre excuse que celle-ci : c’est qu’au moment cle vous ecrire, le soir, ie suis accalwlé. Voilà. trois moisbientôt que je suis tout seul à. la campagne et que je travaille cl’une ma- niere furieuse, pour avoir fini au printemps pro- chain, c'est-à.-dire au mois d'avril. Je compte partir pour Paris dans un mois. Je ne sais cependant si ie publierai immédia- tement ou si `e n’attenclrai pas le mois cl'octobre, àcause des Il/bkéralwles du grand Hugo, dont il va paraître deux volumes le mois prochain. Cette publication colossale va durer iusqu’au mois de mai (car deux volumes doivent paraître chaque mois) et a cette epoque-là. commence une mau- vaise saison pour les livres. Bref`, ie trouve un peu imprudent etimpudent de me risquer a côte d’une si grande chose. II fr a cles gens devant lesquels on doit s’incliner et eur dire : «Apres vous, mon- sieur. » Victor Hugo est de ceux—la. Ce qui n’empêcl1e que je me hâte pour avoir fini le plus promptement possible. J e commence à être excédé cle mon livre. Quant à Vous, n'en soyez pas impatiente : il ne répondra, je crois, ai aucun de vos instincts. Si je ne vous ecris pas, soyez sûre cependant que je pense à vous très souvent; il me semble maintenant que nous sommes de vieux amis et