Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/164

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i 5 8 CORRESPONDANCE qu’une sympathie littéraire, il me semble. Mes fours se passent solitairement d’une manière som- bre et ardue. Cest a force de travail ue j’arrive ai faire taire ma mélancolie native. Mais le vieux fond reparaît. souvent, le vieux fond que personne ne connaît, la plaie profonde toujours cachée. Me voila maintenant attelé depuis un mois à un roman de mœurs modernes qui se passera à. Paris. Je veux faire l’histoire morale des hommes de « ma génération; « sentimentale » serait plus vrai. Cest un livre d'amour, de passion; mais de pas- sion telle qu’elle peut exister maintenant, c'eSt— à-dire inactive. Le sujet, tel que ie l’ai conçu, est, je crois, profondément vrai, mais, à cause de cela même, peu amusant probablement. Les faits, le drame manquent un peu; et puis l'action est étendue dans un laps de tem s trop considérable. Enfin, "ai beaucoup de malpet je suis plein d’in- quiétucles. Je resterai ici ai la campa ne une partie de l'hiver, pour m'avancer un peu cêxns cette longue besogne. Je n’ai pas été cette année ai Vichy; c’est il y a deux ans, et l'année dernière; on s'est trompé, Je ne lis rien et ne puis par conséquent rien vous indiquer de nouveau. Tous ces temps-ci je m’étais occupé de socialisme; mais vous connais- sez tout cela, en partie du moins. On dit beaucoup de bien du nouveau roman de M‘“° Sand. Vous ne me arlez jamais de Michelet que j'aime et admire beaucoup. Et vous 7 Allons, tâchez d’avoir du courage, et pensez ai moi qui vous serre les mains très cordialement.