Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/167

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 161 Tout ce que cela suggère d’idées nouvelles, cl’aperçus, de rêveries, est infini! Vous m’avez placé sous les, yeux des paysages que je connais : Delphes et l'Egypte entre autres. Personne n’aura été un voyant comme vous. Mais c’est une banalité que de le dire. - Une chose par-dessus tout mla stupéfait et instruit: a savoir l'l1istoire cl’Alexandre. Voilà qui est neuf, je crois, et profond. Maintenant, les détails m’écl1appent un peu. Je vais m’y remettre et déguster chaque page lente- . ment, comme il convient. Le passage sur Eschyle est bien beau! Mais qu’est-ce qui n’est pas beau dans votre œuvre? Cœur, imagination et juge- ment, vous ébranlez tout en nous-mêmes, avec . vos mains puissantes et délicates. ll y a des génies de premiere volée et qu’on n’aime pas cependant. Mais vous, cher maître, vous emportez le lecteur dans votre personnalité par je ne sais quelle grâce —- qui est l’extréme force peut-être. Pas un, croyez—le, ne sent mieux cela que celui qui vous serre les mains bien tendrement, et ose se dire le vôtre. So;. À SA NIÈCE CAROLINE. [Paris, xy novembre 186.1..] MON Bnai, Je n’écris pas a ta maman, parce qu’elle ne m’a pas donné son adresse. .l’irai demain au Palais- Royal, pour Coralie. v« I I