Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/298

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292. _ CORRESPONDANCE «l..'horizon politique se rembrunit.» Personne ne pourrait dire pourquoi, mais il se rembrunit, il se noircit même. Les bourgeois ont peur de toutl peur de la guerre, peur des greves d°ouvtiers, peur de la mort (probable!) du Prince lmpérial; c’est une panique universel e. Pour trouver un tel de ré de stupidité, il faut remonter `usqu’en x84.8l Jeëis présentement beaucoup de choses sur cette époque : l’impression de bêtise que j’en retire s'ajoute a celle que me procure l' tat contempo- rain des esprits, de sorte que j'ai sur les épaules des montagnes de crétinisme. ll y a eu des époques ou la France a été prise de la danse de Saint-Guy. Je la crois, maintenant, un peu para- lysée du cerveau. Tout cela, chère Madame, «n’est pas rassurant pour les aH`aires». Ce que tu me dis de ton amie ne me surprend nullement. Voici des lignes que je lisais hier au soir dans un fort bouquin et qui m'ont fait penser at elle : «l..a vraie maniere de souflrir, c’est de quitter le chemin de sa destinée. Des punitions immédiates et qui sortent elles-mêmes de l°ordre des choses atteignent tout homme qui s’écarte de cette voie, et proportionnellement au degré dont il s’en écarte.» (.louH`roy, Cours de droit natural.) Pensée forte, pour être mise dans un album. Je n’ai pas été a l’Exposition, ayant d’autres choses at faire; il y a des vitrines tres amusantes, quoi qu'on dise. A toi. Ton vieil oncle. .l’attends Monseigneur dimanche ; il restera _ chez moi jusqu'au mercredi suivant.