Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/318

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3 1 2 CORRESPONDANCE gz;. À LA PRINCESSE MAT1-11LDE. [Juin 1867.; Je suppose maintenant Votre Altesse débar- rassée de ses corvées souvcraines. Cest pourquoi ie lui écris sans crainte de la déranger. A Je désire savoir de vos nouvelles. Etes-vous revenue à Saint-Gratien? Avez-vous repris la peinture? Comme vous devez vous reposer tran- quillement, n’est-ce pas? Que dites-vous du pere Sainte-Beuve? Je l’ai trouvé tres beauull ll a défendu la cohorte vail- lamment, et en bons termes. Ses adversaires me paraissent d’une médiocrité désespérantel D’ou vient donc cette haine contre la littéra- ture? Est-ce envie ou bêtise? l.’un et l'autre, sans doute, avec une forte dose d’hypocrisie en sus. Comme ils sont rares les mortels tolérables, mais Vous, Princesse, vous étes indulgente. l..'élé- vation de votre esprit fait que vous regardez de haut la sottise; moi, elle m'écrase, étant, comme vous savez, un homme faible et sensible. Ma délicatesse physique est même telle que j'ai fui mon lo `s pour f`u1r l'odeur de la peinture. Car on badigeonne actuellement l’extérieur de ma cabane et je me suis réfugié à Rouen, pour deux ou trois jours. Je viens d’y recevoir la visite inattendue du trouvere Glatigny; ce pauvre diable m’a paru tres reconnaissant de ce que vous lui avez envoyé. (1) Lecture au Sénat d’un rapport sur la liberté de la Presse.