Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/356

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3 jO CORRESPONDANCE 9 5 2 . À TAINE. [718687] [ ..... ] Mes personnages imaginaires m’¢#2ctent, me poursuivent, ou plutôt c’est mor qui suis en eux. Quand j’écrivais Fempoisonnement d'Emma Bovary, j’avais si bien le goût d'arsenic dans la bouche, j’étais si bien empoisonné moi-même que · je me suissdonné deux indigestions cpup sur coup, deux rndrgestions tres reelles, car jai vomi tout mon dlner. [ ..... ] N'assimilez pas la vision intérieure de l’artiste a celle de l'homme vraiment halluciné. Je connais parfaitement les deux états; il y a un abîme entre eux. Dans l’hallucination proprement dite, il y a toujours terreur; vous sentez que votre personna- lité vous échappe; on croit que l’on va mourir. Dans la vision poétique, au contraire, il y a joie; c’est quelque chose qui entre en Vous. Il n'en est pas moins vrai qu’o11 ne sait plus où 1,011 est... Souvent cette vision se fait lentement, pièce a piéce, comme les diverses parties dun décor que l'on pose; mais souvent aussi elle est subite, fugace comme les hallucinations hypnagogiques. Que que chose vous passe devant les yeux; c’est alors qu’il faut se jeter dessus avidement. [ ..... ] Qi- É 952.. À GEORGE SAND· [Croisset] 1°’j:mvicr 1868. Q ° S ' I ' Ce n est pas gentil de mattrxster avec le recit des amusements de Nohant, puisque je ne peux