Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/79

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 73 Mais fai suivi de loin ton existence et participé intérieurement à des soulirances que fai devinées. le t°ai « comprise » enfin. Cest un vieux mot, un mot de notre temps, de la bonne école roman- tique. ll exprime tout ce que je veux dire et je le garde. Puis ue tu m'as parlé de Salammbô, ton amitié apprendra avec plaisir que ma. Carthaginoise fait " son chemin dans le monde : mon éditeur annonce pour vendredi la deuxieme éditionm. Grands et petits iournaux parlent de moi. Je fais dire beau- coup de sottises. Les uns me dénigrent, les autres m’exaltent. On m’a appelé « ilote ivre », on a dit que je ré andais « un air empesté », on m'a com- paré à Clliateaubriand et a Marmontel, on m’ac- cuse de viser a l’lnstitut, et une clame qui avait lu mon livre a demandé a un de mes amis si Tanit n’était pas un diable. Voilàl Telle est la gloire lit- téraire. Puis on parle de vous de temps à autre, puis on vous oublie -—— et c’est Bni. N’importe; "avais fait un livre pour un nombre tres restreint le lecteurs et il se trouve que le ublic y mord. Que le Dieu de la librairie soit béni! .l’ai été bien content de savoir qu’il te plai- sait, car tu sais le cas que je fais de ton intelli- ence, ma chere Laure. Nous sommes non seu- îment des amis d’enf`ance, mais presque des camarades d’études. Te rappelles-tu que nous lisions les Feuilles d’aut0mne à Fécamp, dans la petite cliambre du second étage? Fais-moi le plaisir de m’excuser pres de ta mere (*7 La deuxième édition de Salammbâ est annoncée dans la Bibbfranp. du io ianvier 1863. A