Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/293

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DE GUSTAVE FLAÉBERT'. 287 qu’il nous faut avant tout, c’est une aristocratie . naturelle, c’est-à-dire légitime. On ne peut rien faire sans tête, et le sufirage universel, tel qu’il existe, est plus stupide que le droit divin. Vous en verrez cle belles, si on le laisse vivre. La masse, le nombre, est toujours idiot. Je n'ai pas beau- coup de convictions, mais j’ai celle-la fortement. Cependant il f`aut respecter la masse, si inepte qu’elle soit, parce qu’elle contient des germes cl'une lecondite incalculable. Donnez-lui la liber- L te, mais non le pouvoir. .l e ne crois pas plus que vous aux distinctions des classes. Les castes sont de l’archeologie. Mais je crois que les pauvres haïssent les riches et que . les riches ont peur cles pauvres. Cela sera eter- nellement. Prêcher l’amour aux uns comme aux autres est inutile. Le plus presse est cl°instruire les riches, qui, en somme, sont les plus forts. Éclairez le bourgeois, cl’aborCl, car il ne sait rien, absolument rien. Tout le rêve de la démocratie est d'élever le proletaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. ll lit les mêmes journaux et a les mêmes passions. Les trois degrés cle l’instruction ont donne leurs preuves depuis un an : lol-,lI`1SÈI’I.1CÈl0I`1 superieure aiait vaincre la Prusse; 2°l,lI`1SU‘l1Cll0I`1 secondaire, bourgeoise, aproduitles hommes du 4.Septembre; 3°l,lI`1SU’I.1ClÈlOI`1 primaire nous a·clonne la Com- mune. Son ministre cle l'lnstruction publique était le grand Vallès, qui se vantait de mépriser Homère. Dans trois ans, tous les Français peuvent savoir lire. Croyez.-vous que nous en serons plus avances Y lmaginez au contraire que, dans chaque commune,