Page:Flaubert - Salammbô.djvu/428

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mille Africains et divisée en deux corps, assiégeait tranquillement Utique et Hippone. Son camp, établi devant Tunis (*), était

(*) Page 123, ligne 1.
à l’abri d’une surprise et Carthage se trouvait coupée du reste de la Libye. La ville en effet, est située au fond d’un golfe, sur un promontoire en forme de presqu’île ; enserrée presque complètement entre un lac et la mer, elle communique avec le continent par un isthme, large d’environ vingt-cinq stades. Du côté de la mer, à une faible distance, c’est Utique ; du côté du lac, Tunis. De sorte que, sur chacun de ses flancs, la ville avait une armée de Barbares ; leurs attaques, de jour ou de nuit, les portaient jusqu’aux murailles et jetaient les Carthaginois dans une anxiété et une terreur sans bornes.


LXXIV. Hannon excellait aux préparatifs de la guerre ; il les poussa énergiquement. Mais dès qu’il se mettait en campagne, c’était un tout autre homme : il ne savait pas profiter des circonstances, et les événements le trouvaient désarmé et sans ressort. On le vit tout de suite : ayant marché au secours d’Utique (*), il avait commencé par jeter l’effroi parmi les ennemis,

(*) page 120, ligne 27. Utique avait déjà réclamé plusieurs fois les secours de Carthage…
par le nombre de ses éléphants (il n’en avait pas moins de cent) (*) ;
(*) Page 120, § 3. Il perdit encore trois lunes à équiper les cent douze éléphants.
et il touchait à la victoire, lorsqu’il laissa échapper la fortune et manœuvra si mal, qu’il faillit, du même coup, faire écraser son armée et entraîner les gens d’Utique dans son désastre. Il avait fait descendre de la vile des traits, des catapultes, tout un matériel de siège (*) et, adossé aux murailles, il avait attaqué les
(*) Page 127, ligne 20. Enfin apparurent les échafaudages des hautes machines, etc. …
retranchements des Barbares.

À peine les éléphants se furent-ils avancés (*) que les ennemis,

(*) Page 129, ligne 17. Aussitôt la terre s’ébranla, etc.
incapables de résister à la masse et à l’impétuosité des bêtes, prirent la fuite et abandonnèrent le camp ; un grand nombre moururent écrasés (*) ; les survivants se réfugièrent sur une colline
(*) page 129.