Page:Flaubert - Salammbô.djvu/432

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jetèrent sur eux et en vinrent résolument aux mains. Mais voici que la cavalerie, tournant bride subitement, vint se ranger auprès des premières lignes ; voici que le reste de l’armée d’Hamilcar revenait au combat ; à cette vue, les Barbares, surpris par la manœuvre, au milieu de leur poursuite désordonnée, en furent réduits à la déroute : les uns, se rejetant sur ceux qui les suivaient, les entraînaient avec eux dans leur perte ; les autres, et ce furent les plus nombreux, furent écrasés par les éléphants ou anéantis par la cavalerie*. Il resta sur le terrin près de six mille

(*) Pages 201 et suiv.
Libyens et étrangers (*) ; deux mille environ furent faits
(*) Page 214, ligne 18. On se répétait qu’il y avait eu six mille Barbares de tués.
prisonniers (*) ; les autres s’en furent, qui dans la ville construite prés du
(*) page 214, § 2. Pour éblouir le peuple, Hamilcar avait envoyé à Carthage les deux mille captifs.
pont, qui dans le camp établi devant Utique. Quant à Hamilcar, après cette bataille il s’attacha aux pas de ses ennemis, s'empara de la ville placée à la tête du pont, en rejeta les défenseurs dans Tunis, puis parcourut le pays en vainqueur, reçut la soumission de plusieurs places, et força plusieurs autres à capituler (*). Il rendit
(*) Cf l’énumération des places page 213.
ainsi aux Carthaginois un peu d'énergie et de courage et fit renaître en eux l’espoir qu’ils avaient perdu.


LXXVII. Cependant, Mathos restait devant Utique, dont il continuait le siège ; il recommanda à Autarite, le chef des Gaulois, et à Spendius de ne pas perdre de vue Hamilcar : ils devaient fuir les plaines, à cause du grand nombre de chevaux et d’éléphants dont disposait l’ennemi, et suivre le pied des montagnes pour fondre sur les Carthaginois à la première occasion (*).

(*) page 217.

En même temps il envoya demander des renforts aux Numides et aux Libyens, en les suppliant de ne pas laisser passer une occasion si favorable à la conquête de leur liberté. Spendius leva donc, sur les diverses nations qu’il avait sous ses ordres, à Tunis, une troupe d’environ six mille hommes, et se mit à suivre les Carthaginois dans leurs évolutions, en utilisant la montagne. Il avait également avec lui les Gaulois d’Autarite, environ deux