Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/105

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DE LA BASSE-NORMANDIE

La maîtresse de la maison et les servantes allèrent en haut préparer les lits, et Jean des Domaines resta seul avec le chien.

Celui-ci, après avoir mangé les pommes de terre qu'on lui avait données, s'était installé dans un coin de l'àtre et ne paraissait pas disposé à sortir.

— Est-ce que tu vas coucher là? lui dit Jean des Domaines.

Le chien le regarda, étendit les pattes en avant comme pour indiquer qu'il voulait s'établir là à demeure.

— Veux-tu bien t'en aller? lui dit Jean des Domaines d'un ton de menace.

Le chien le regarda d'un air suppliant et s'ar- rangea encore mieux pour dormir à son aise.

Jean des Domaines, impatienté, lui donna un coup de pied.

— Je te ferai bien partir.

— Ah ! mon père, lui dit le chien d'une voix humaine, si vous saviez en quel état je suis réduit, vous auriez pitié de moi.

Jean des Domaines recula abasourdi.

— Un chien qui parle 1 qu'est-ce que cela veut dire, mon Dieu ?

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