Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/106

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


82 LITTÉRATURE ORALE

— Cela veut dire, mon père, qu'au séminaire où vous m'avez envoyé pour étudier et où vous me croyez toujours, j'ai lu dans un livre que j'ai trouvé ouvert chez le supérieur, un jour qu'il était absent, et je me suis senti tout à coup deve- nir chien. J'ai erré pendant quelque temps, puis un beau jour je me suis dit qu'il valait mieux revenir chez vous, mon père, et me voilà.

Jean des Domaines avait bien entendu raconter des histoires de ce genre. On lui avait bien dit que tous les prêtres ont un livre mystérieux, le grimoire, qui produit des effets fort étranges quand on le lit. On lui avait bien dit que le curé de Jobourg, pour avoir lu un pareil livre, était resté trois jours en enfer, mais comme au retour il n'avait pu en dire que ce que tout le monde en disait, Jean ne croyait pas à ces métamorphoses, il ne croyait pas à ce voyage. Et voilà maintenant que ce chien lui parlait et prétendait être son fils !

— Mais si ce que tu dis là est vrai, que faire pour te rendre la forme humaine?

— Ce n'est pas très difficile, mon père. Il faut défaire ce que j'ai fait, délire ce que j'ai lu, c'est- à-dire le hre à rebours. C'est ce qu'on a fait pour rappeler le curé de Jobourg.