Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/167

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DE LA BASSE-NORMANDIE 143

— Une princesse comme vous !

— J'ai été pâtoure avant d'être princesse. Changeons d'habits, te dis-je. Crains-tu de perdre au change?

La paysanne, toute confuse, se déshabille. La jeune dame se revêt du costume de la bergère, en lui laissant le sien, puis elle va se présenter au château, et demande si l'on n'a pas besoin d'une servante.

— Nous avons assez de serviteurs, lui répond- on. Elle insiste. Pendant cette discussion, la demoiselle passe et ordonne que l'on retienne la petite pâtoure.

— Mais elle dit qu'elle n'a encore serv-i nulle part! Elle ne saura rien faire.

— Elle saura toujours bien tourner la broche. La voilà admise dans la cuisine en qualité de

tourne-broche. Elle va et vient dans le château. Les apprêts de la noce se poursuivent. Elle a recoimu son mari. Mais comment s'approcher de lui ? Comment se faire reconnaître ?

EUe se souvient alors des présents qui lui ont été faits par les xàeilles. EUe pèle ses trois châ- taignes. Elles se transforment en un beau rouet tout en or, diamants et pierreries. L'une devient