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144 LITTÉRATURE ORALE

le corps du rouet, la seconde la quenouille, la troisième, la tête avec la broche, le fuseau et tout ce qui s'ensuit.

La princesse voit ce rouet et l'admire.

— Qui a apporté cela ? dit-elle.

— Moi, dit la tourneuse de broche.

— Veux-tu me le vendre ?

— Je ne le vends pas, il faut le gagner.

— Que veux-tu qu'on fasse pour le céder?

— Je veux coucher avec le prince cette nuit même à la place de la mariée.

Vous jugez comme on se récrie ! La jeune femme n'en démord pas. On se consulte, on vou- drait bien ne pas laisser échapper ce rouet. Mais la mariée ne veut pas consentir à laisser son mari coucher avec cette fille de cuisine.

— Tu as tort, lui dit sa mère. Nous ferons prendre au prince de Vendormillon. Il s'endormira aussitôt qu'il sera couché et le rouet nous restera.

— Eh bien soit ! dit-on à la fille de cuisine. Donne-nous ton rouet et tu coucheras avec le prince.

Pendant le souper, on fait prendre au prince un breuvage soporifique ; aussitôt qu'il est au lit, il s'endort. La jeune femme fait du bruit, chante.