Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/172

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LITTÉRATURE ORALE

Après avoir longtemps hésité, la mère et la fille consentirent encore une fois, la dernière, se promettant bien d'user de l'endormiUon comme les deux premières nuits.

A peine le prince était-U au lit, qu'on lui ap- porta la liqueur soporifique comme un bon cor- dial. Il ne dit rien, et fit semblant de l'avaler, mais il la jeta à la ruelle et ferma les yeux comme s'il dormait.

Sa femme, l'ancienne, vint alors se placer à côté de lui. Dès les premiers mots qu'elle pro- nonça, il la reconnut. Jusqu'alors il ne l'avait pas regardée sous ses vêtements d'aide de cuisine. — Comment, ma femme chérie, c'est toi qui viens me retrouver ici ! Comment as-tu fait pour me découvrir ? — EUe lui raconta tout ce qui s'était passé et comment elle était parvenue à trouver le pays des Margriettes.

Le prince fut aussi enchanté de ce témoignage d'amour que de la beauté de la jeune femme, qu'il trouvait fort supérieure à celle de la fiUe du châ- teau. Il s'était marié avec elle par complaisance, et ne s'était jamais donné la peine ni de connaître ses sentiments, ni même de la bien regarder. C'était presque une révélation pour lui. Il nevou-