Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/173

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DE LA BASSE-NORMANDIE I49

lut plus dès lors entendre parler de son nouveau mariage. Mais comment se libérer?

— Ne dis rien, dit-il à sa femme, je tâcherai d'arranger tout.

Le lendemain, quand tout le monde fut rassem- blé : parents de la fiancée, invités à la noce et autres, le prince leur dit :

Messieurs et mesdames, il m'arrive aujourd'hui une drôle d'aventure. J'avais fait faire dans le temps une clé pour mon secrétaire, puis je l'avais perdue. Comme je ne pouvais pas rester sans ouvrir mon secrétaire, j'avais fait faire une nou- velle clé. Mais voilà que je viens de retrouver la vieille, au moment où je ne me suis pas encore servi de l'autre. Laquelle vaut-il mieux garder, de la vieille ou de la neuve? La vieille, n'est-ce pas? dont j'ai fait usage et que je connais bien? N'êtes- vous pas de cet avis-là?

— Certainement, répondit-on, il vaut beaucoup mieux garder la vieille, celle dont on avait l'habi- tude de se servir et qui convient le mieux à la serrure.

— Je suivrai votre conseil. Ma vieille clé que j'avais perdue, la voilà, dit-il, en montrant la jeune aide de cuisine. Je l'ai retrouvée, et je