Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/195

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DE LA BASSE-NORMANDIE I71

— Ce qu'il y a de plus curieux, dit l'autre, c'est que le second est tout à fait semblable au premier : même taille, mêmes vêtements. Est-ce que nous aurions marché sur maie herbe et serions revenus au même endroit sans nous en apercevoir ?

— Ça ne se peut pas; l'autre pendu était là- bas derrière nous.

— C'est drôle tout de même. Allons donc voir si l'autre est toujours à sa place.

Ils attachent soigneusement la vache à un arbre et s'en vont tout doucement voir, sans pourtant la perdre de vue. Plus de pendu ! Pen- dant qu'ils cherchent à reconnaître l'endroit, Jacques, qui les obser\'e, se dépend rapidement, coupe la corde qui attache la vache et se sauve avec.

Quand les conducteurs revinrent, après s'être assurés que le premier pendu n'était plus à sa place, ils s'aperçurent que le second avait disparu également. Mais la vache avait aussi disparu.

Le lendemain, Jacques va trouver le seigneur,

"— La vache est à moi? lui demande- t-il.

— Sans doute, puisque tu as été assez subtil pour me la voler. Mais je gage que tu ne me voleras pas ma jument. Je t'avertis qu'elle sera bien gardée.