Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/215

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DE LA BASSE-NORMANDIE I9I

pour rien, lui dit-il, si tu peux me dire mon nom en trois fois. Sinon, la toile sera pour moi. Veux- tu ?

La bonne femme lui donna son fil, mais quand il fut parti, elle eut peur. — Si c'était le Petit Capet (le diable) ! pensa-t-elle. Bon Dieu, bonne Vierge, aidez-moi à deN-iner son nom!

Il faisait un gros vent, qui gaulait les branches sèches dans les arbres. Elle s'en alla chercher des bûchettes dans le bois. Tout en ramassant les petites branches que le vent faisait tomber, elle écoutait, et il lui semblait que des voix parlaient dans le vent. On entendait comme un toilier qui faisait taquer son métier et chantait en riant :

Cllin, cllas, cliin, cllas ! La bonne femme qui est là bas. Si o savait que j'eusse nom Rindon, O n'serait pas si génâee.

La bonne femme se douta bien que c'était son tisserand , elle retourna chez eUe avec son faix de bûchettes et attendit sans trop d'inquiétude.

Vers le soir notre homme arrive.

— La toile est prête, mon nom maintenant?

— N'est-ce pas Guillaume?