Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/228

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2C4 LITTÉRATURE ORALE

— O mon bon Jésus ! dit-elle, vous êtes là- dedans, je vais boire bien vite de peur que vous ne soyez noyé.

Le moyen avait échoué. On fit faire un autre guichon au fond duquel on peignit un diable cornu et menaçant.

— Ah ! Ali ! Il est là, le cornu, dit-elle. Je vais boire bien vite de peur qu'il n'en ait. Ce serait péché de lui donner du bon cidre comme celui-là.

Il y avait autrefois, sur une des places de Cher- bourg, une fontaine qui versait continuellement de l'eau à grand bruit. Une nuit, qu'il faisait très sombre, un passant alla tout auprès pour satisfaire un besoin. Il n'avait pas la perception très nette, et confondit le bruit qu'il avait fait lui-même avec celui de la fontaine. Il se tient en posture et attend que le bruit cesse. Un temps considérable se passe, le bruit continue. Il trouve que cela dure beau- coup, il se résigne toutefois :

— Enfin, mon Dieu, tant qu'il vous plaira.

Il resta là jusqu'à ce qu'un passant charitable l'avertît que le bruit qu'il entendait ne venait pas de lui, mais de la fontaine.