Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/58

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34 LITTÉRATURE ORALE

de village. Mais ces jeux finissent toujours mal; il vous fait boire surabondamment, par exemple, afin de vous noyer plus à l'aise, car il est plus méchant que les dames blanches de la Hague. Ce ne sont pas de simples espiègleries qu'il vous joue, il veut que vous mouriez afin de grossir à vos dépens le royaume de Satan son patron.

Sur la cause de sa damnation, il court deux lé- gendes. Suivant l'une, il s'agit, comme dans le cas de Mademoiselle de TonneviUe, d'un souhait imprudent accompli.

Le moine, suivant cette légende, était fils d'un riche propriétaire des bords de la Saire ; et son père, obligé de s'absenter, l'avait chargé de rece- voir à sa place les redevances des fermiers. L'un des fermiers néglige en payant de réclamer un reçu ; le moine ne le lui offre pas, et plus tard le père réclame la somme au fermier. Le fermier assure qu'il a payé; le moine, qui a déjà dissipé l'argent, affirme qu'il n'a rien reçu. — Vous n'oseriez pas le jurer, dit le fermier. — Je le jurerai, dit le moine. — Eh bien ! dites : Que le Diable m'emporte à l'instant dans la mer si j'ai reçu cet argent ! Le père l'exhorte à réfléchir encore. — Toutes les réflexions sont faites, dit le