Page:Fonson, Wicheler - Le Mariage de mademoiselle Beulemans, 1910.djvu/82

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ALBERT

Mais non, mais non, je vous assure.


SUZANNE

Mais si ! mais si !


ALBERT

Mais non ! mais non !


SUZANNE
(lui montrant le manchon).

Monsieur Albert…


ALBERT

C’est vrai, nous sommes ridicules. Tant pis, fâchez-vous, ne vous fâchez pas… je vous dirai toute ma pensée, dût-elle vous blesser. Ce mariage ne me plaît pas, parce que vous n’aimez pas M. Séraphin… Et fût-il un séraphin à la manière des anges, un séraphin avec des ailes sur le dos… vous ne l’aimez pas. Vous croyez peut-être que vous l’aimez, mais c’est à la façon de ces enfants qui s’apprêtent à fumer leur premier cigare et qui, à la troisième bouffée, ont mal au cœur.


SUZANNE

Vous croyez ?


ALBERT

Vous n’avez pas une nature à supporter le tabac. Vous avez un estomac délicat… Oui… Vous avez une petite âme fine, fringante, toute pleine de tendresse, et pareille à