Page:Forestier - De la leucocythémie.djvu/47

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IIe OBSERVATION. — Un chien de berger, âgé de 15 mois, est conduit à la clinique de l’École, le 3 juillet 1877. On nous dit qu’il est malade depuis quelque temps, mais surtout depuis trois jours, qu’il ne mange ni urine et, à une forte diarrhée. On le laisse en traitement à l’École. On constate qu’il est triste, que sa marche est chancelante ; on lui présente de la viande et du pain qu’il refuse. Les muqueuses sont très-pâles. La respiration est un peu accélérée, mais rien d’alarmant du côté de la poitrine n’est perçu à la percussion et à l’auscultation. Il existe une violente dyssenterie chez notre malade ; les excréments sont tout-à-fait liquides et fortement sanguinolents. Vu l’extrême pâleur des muqueuses, on suppose qu’il existe une altération du sang, aussi, on ajourne le diagnostic jus qu’après l’examen de ce liquide. En attendant, pour combattre la dyssenterie on fait prendre à l’animal de la tisane de riz additionnée de sirop de gomme.

Le 4 juillet, l’animal refuse toute nourriture ; la diarrhée persiste ; la respiration se montre accélérée ; la température est de 38°5. On prend du sang à une saphène pour l’examiner ; ce sang, au lieu d’être visqueux comme celui des chiens bien portants, est très-fluide, à la couleur du sirop de groseille ; il reflète une légère teinte laiteuse. La numération des globules, par le procédé Malassez, donne le résultat suivant : 39,000 globules blancs pour 1,000,000 de globules rouges, lequel dénote une leucocythémie assez prononcée.

L’animal meurt dans la nuit du 4 au 5. À l’autopsie on trouve le foie hypertrophié d’environ la moitié de son volume. Tous les ganglions mésentériques et pectoraux sont volumineux et injectés ; l’étude histologique y fait reconnaître les éléments du lymphadénôme avec une grande richesse en capillaires.

La rate a bien le double de son volume normal ; les corpuscules de Malpighi y sont très-saillants et présentent, au