Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/117

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quel parti prendre. Il ne se souciait point de suivre Vigoureux dans l’intérieur de cette maison en ruines qui avait bien la mine d’être un coupe-gorge, et, d’un autre côté, lui rendre la liberté, c’eût été perdre tout le fruit d’une longue et pénible expédition. Battre en retraite et ramener le terrible dogue, c’était impraticable. Il aurait fallu le traîner, et Courapied n’en pouvait plus. L’ennemi, d’ailleurs, n’aurait pas manqué de faire une sortie pour délivrer le prisonnier et tomber sur la petite troupe qui se repliait.

Le pauvre pitre regarda Camille pour lui demander conseil, mais le feu de Bengale commençait à s’éteindre et leurs yeux ne se rencontrèrent pas.

— Décidément, tu ne veux pas le lâcher ! cria la complice de Zig-Zag. Eh bien ! nous allons voir !

Un coup de sifflet sec et sonore perça le silence de la nuit.

Vigoureux, qui connaissait ce signal, prit un élan si furieux qu’il entraîna Courapied jusqu’à l’entrée du corridor sombre.

— Aide-moi, Georget, cria le malheureux mari d’Amanda.

Georget saisit la corde à deux mains, mais le chien donna une dernière secousse, qui la rompit, au moment où le père et le fils disparaissaient dans l’allée.

Camille entendit deux cris de détresse, puis un bruit sourd, puis… plus rien.

Le premier mouvement est toujours le bon, à ce qu’on prétend, et mademoiselle Monistrol se précipita pour secourir ses amis disparus. L’entrée du corridor n’était pas loin ; elle y arriva en trois enjambées. Elle allait la franchir et tomber dans le piège comme Georget et Courapied,