Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/119

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trop bonne pour détruire en bloc tous les ennemis de Zig-Zag, alors même qu’elle eût été seule dans son repaire, et son complice devait être là. Camille devait donc s’attendre à une sortie, et elle se prépara d’abord à recevoir à coups de revolver ceux qui l’attaqueraient. Elle eut même la présence d’esprit de calculer que l’attaque ne viendrait pas du fond du corridor, car les assaillants ne pourraient pas, comme Vigoureux, franchir d’un saut l’ouverture de la cave. Mais rien ne les empêchait de faire le tour de la maison, qui avait certainement une autre issue, et de venir couper la retraite à mademoiselle Monistrol.

La pauvre enfant restait penchée sur le gouffre noir qui avait englouti ses alliés, et hésitant malgré tout à les abandonner.

Elle appela Georget à plusieurs reprises et personne ne lui répondit. Essayer de les sauver c’eût été se perdre elle-même et bien inutilement. Mieux valait aller chercher du secours et il n’y avait pas une minute à perdre pour échapper au péril qui la menaçait. Et quel péril ! tomber entre les mains d’un monstre à visage de femme, qui était capable d’inventer des supplices raffinés pour torturer sa prisonnière ! être déchirée par les crocs de ce dogue féroce qu’Amanda ne manquerait pas d’exciter contre elle !

Zig-Zag, du moins, tuait d’un seul coup.

L’imprudente expédition où Camille s’était embarquée coûtait bien cher à ses amis. Pour essayer de réparer le mal qu’elle leur avait fait, il ne lui restait d’autre moyen que de courir au poste le plus voisin et de ramener des agents qui retireraient du gouffre les deux victimes d’Amanda.