Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/152

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— Je ne dis pas le contraire. C’est ma façon à moi de guérir mes chagrins de cœur. Cette fois, le remède ne m’a pas réussi. J’ai perdu beaucoup d’argent et je suis plus épris de vous que jamais.

— Ça se passera. Mais la perte reste, et si elle est grosse…

— Oh ! elle ne me gêne pas. J’ai assez de fortune pour me payer quelques fantaisies chères. Et il en est une que je rêve de satisfaire. Y parviendrai-je ?… Cela dépend de vous.

— De moi ?

— Parfaitement. J’ai hérité l’an dernier d’un oncle qui m’a laissé un joli petit hôtel, à Passy, rue Mozart. Je ne l’ai pas encore loué, et je n’ai jamais pu me décider à l’habiter. C’est trop loin, et je préfère mon entresol de la rue de l’Arcade.

— Ah ! vous demeurez rue de l’Arcade !

— Numéro 19. Hier, j’ai oublié de vous le dire. J’ai là une garçonnière assez bien installée. Mais je me suis mis en tête de louer à une jolie femme mon immeuble de la rue Mozart. Je serais coulant sur le prix. Pourvu que ma locataire me permît d’aller tous les jours lui faire ma cour à domicile, je ne lui présenterais jamais les quittances de loyer.

— À ces conditions-là, vous n’aurez pas de peine à en trouver une… surtout si l’hôtel est meublé.

— Il le serait, d’ici à quinze jours. Mon tapissier s’en chargerait. Mais je ne voudrais pas loger la première venue. Pourquoi ne seriez-vous pas la locataire que je cherche ?

— Vous êtes fou !

— Pas le moins du monde. Vous ne signeriez pas de