Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/164

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êtes installée. Votre chambre est là-haut, je le sais. Mais je voudrais la revoir et revoir aussi ce salon où votre pauvre père est mort. Mon fils m’a raconté tout ce qui s’est passé pendant cette horrible nuit.

— Je n’ai pas oublié ce qu’il a fait pour moi, murmura Camille.

— Et moi, mademoiselle, dit vivement Julien, je pense que ce que j’ai fait n’est rien en comparaison de ce que je veux faire. Je n’attends qu’un mot de vous pour agir…

— Allons visiter l’intérieur de la maison, interrompit madame Gémozac, qui voulait couper court aux offres de services de son fils.

— Y tenez-vous beaucoup ? demanda mademoiselle Monistrol.

— Mais, répliqua madame Gémozac, un peu piquée, je ne suppose pas que vous ayez l’intention de nous recevoir dans cette cour, où tous les passants du boulevard Voltaire peuvent nous voir.

— J’y suis accoutumée, et, comme je n’ai rien à cacher, il m’importe peu qu’on me regarde.

— Fort bien, mademoiselle. Je comprends que je vous gêne, et il ne me reste plus qu’à me retirer.

— Vous vous méprenez absolument, madame. Si je ne vous propose pas d’entrer, c’est qu’il m’est toujours pénible de traverser la pièce où l’on a assassiné mon père. Mais nous pouvons ne pas nous y arrêter.

— Il est encore plus simple de rester ici. J’ai d’ailleurs très peu de temps à moi, et je vais prendre congé de vous. Lorsqu’il vous plaira de venir me voir, vous serez bien reçue, et mon mari m’a chargée de vous rappeler que sa caisse vous est ouverte.

Camille, blessée au vif, fit un mouvement qui n’échappa point à Julien.