Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/166

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— Non, ma mère ; mais j’espère que mademoiselle Monistrol me permettra de revenir bientôt.

Camille s’abstint de répondre. Elle souffrait horriblement, et le zèle maternel de madame Gémozac mettait sa patience à une rude épreuve. Elle ne voulait ni offenser la mère ni rebuter le fils, mais elle était résolue à ne pas céder, dût-elle s’aliéner à tout jamais la femme du généreux associé de son père et décourager les bonnes intentions de Julien, qui s’offrait à la servir.

— Adieu, mademoiselle, dit madame Gémozac. Je regrette de vous avoir dérangée. Vous attendez quelqu’un, sans doute, et il est temps que nous lui cédions la place.

— Vous vous trompez, madame, balbutia Camille en rougissant.

— Je ne me trompe pas. Tenez ! on vient vous voir en voiture.

Un fiacre, en effet, s’arrêtait devant la palissade qui formait l’entrée de la cour, et, à la portière, apparaissait une figure que mademoiselle Monistrol reconnut parfaitement et qui disparut aussitôt.

— Nous gênerions ce monsieur, reprit madame Gémozac. Viens, mon fils. Nous n’avons plus rien à faire ici.

Julien, cette fois, suivit sa mère sans dire un mot et Camille, humiliée, les vit remonter dans le coupé qui les avait amenés.

Le visiteur qui les mettait en fuite avait baissé vivement le store et se cachait au fond de la voiture.

— C’est lui ! murmura Camille. Il craint de me déplaire en se montrant. Enfin, je retrouve un défenseur plus sérieux que ce brave jeune homme, qui prétend m’aimer et qui en est encore à compter sur la police pour arrêter Zig-Zag.