Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/168

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quand il est mort, venait de s’associer avec M. Gémozac pour exploiter un procédé dont il était l’inventeur et le jeune homme que vous avez aperçu en arrivant m’est venu en aide le soir du crime. Mais je vous parle de choses que vous ignorez, car, cette nuit, je n’ai pas pu vous raconter mon histoire.

— Vous m’avez dit seulement que vous poursuiviez l’assassin de votre père.

— Elle est simple et courte, mon histoire. Un misérable s’est introduit, un soir, dans notre maison. Il s’est jeté sur mon père, il l’a étranglé et il a pris la fuite. Je l’ai poursuivi jusqu’à la place du Trône où je l’ai vu se glisser dans une baraque de saltimbanques. J’y suis entrée, j’ai voulu le faire arrêter. Personne ne m’a écoutée et peu s’en est fallu qu’on ne m’arrêtât moi-même. M. Julien Gémozac se trouvait là par hasard et il m’a protégée sans me connaître… Mais quand je suis rentrée ici avec lui, j’ai trouvé mon père mort.

— C’est affreux ! Comment n’avez-vous pas dénoncé l’assassin ?

— Je suis restée plusieurs jours entre la vie et la mort. Quand j’ai pu agir, il était trop tard. On avait interrogé un clown que j’avais signalé et on l’avait relâché. C’est hier seulement que j’ai pu retrouver sa trace… et vous savez comment a fini le voyage que j’ai entrepris…

— Sur les indications des deux personnes qui vous accompagnaient, je suppose.

— Oui…, un homme qui faisait partie de la troupe de ce Zig-Zag.

— Quel singulier nom !

— L’assassin en a un autre, mais je ne connais encore que son nom de guerre. Le misérable s’est sauvé avec la