Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/169

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femme d’un de ses camarades…, celui qui m’a renseignée. Ce pauvre homme a un fils de douze ans, que nous avons emmené avec nous et qui a disparu comme son père. Mais, pardonnez-moi, monsieur… Je ne songe pas à vous prier d’entrer chez moi.

Elle se dirigea vers la maisonnette, M. de Menestreau l’accompagna et ils trouvèrent à la porte Brigitte qui, s’étonnait de l’absence prolongée de mademoiselle Monistrol et qui resta tout ébahie en la voyant revenir avec un beau monsieur.

La brave femme aurait pu s’étonner aussi que sa jeune maîtresse consentît à mener ce monsieur dans le salon où elle venait de refuser d’admettre madame Gémozac. Mais elle n’avait pas assisté à l’entretien de Camille avec la mère et le fils et, d’ailleurs, elle n’entendait rien aux nuances de la politesse.

Camille conduisit tout droit son défenseur au premier étage et lui fit traverser la salle à manger, où elle ne mangeait plus depuis le crime.

— C’est là que l’assassin s’est caché, dit-elle.

— Comment s’y était-il pris pour y pénétrer ? demanda M. de Menestreau. Votre domestique n’avait donc pas fermé la porte de la maison ?

— Nous n’avions pas de domestique. Celle que vous venez de voir n’est ici que depuis peu de jours. Mon père ne songeait guère à se garder. Nous ne possédions rien qui pût tenter un voleur. Malheureusement, nous avions reçu, ce jour-là, vingt mille francs de M. Gémozac. Comment l’assassin l’a-t-il su ? Je l’ignore, mais il est certain qu’il le savait.

Et voici comment l’horrible scène s’est passée : mon père était assis devant cette table. Il achevait un dessin