Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/177

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— Ça, ce n’est que ridicule. Alors, c’est le chien qui vous a guidés ?

— Oui, jusqu’à la maison en ruines. Il s’y est précipité. Courapied a voulu le suivre…

— Et il a fait la culbute dans le trou. Maintenant, mademoiselle, me voilà suffisamment informé. C’est comme si j’avais fait partie de l’expédition. Et je suis en mesure d’éviter les fausses manœuvres. Nous ne tarderons guère à entrer en action. Ce fiacre, par miracle, a un cheval qui va comme le vent et nous approchons de la porte de Saint-Ouen.

— Il me tarde d’y être, dit simplement Camille.

La conversation tomba et un quart d’heure après, la voiture s’arrêta dans l’avenue, à la place même où la jeune fille s’était expliquée la veille avec son sauveur au pied d’un bec de gaz.

Les deux voyageurs descendirent ; M. de Menestreau se chargea du paquet qu’il avait apporté, et passa la porte, flanqué de Camille, qui, cette fois, ne redoutait plus l’inspection des commis de l’octroi.

Elle reprit avec son protecteur le chemin qu’elle avait parcouru la nuit, et elle reconnut parfaitement l’endroit où ils s’étaient rencontrés.

La maison de briques apparaissait dans la plaine, à quelques centaines de mètres de la route de la Révolte.

Mademoiselle Monistrol la montra à Georges de Menestreau.

— C’est plus près que je ne pensais, dit-il, et je suis charmé de voir qu’il n’y a pas d’habitations dans le voisinage. Nous pourrons opérer tout à notre aise. Personne ne viendra nous déranger.

Il avait raison de compter sur la solitude, car ces parages