Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/182

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le fond et j’ai déjà déroulé au moins dix pieds de corde. Ah ! il y touche enfin ! une chute de cinq mètres, c’est plus qu’il n’en faut pour assommer un homme et surtout un enfant. Et si vos amis avaient survécu à l’accident, ils se seraient servis de l’échelle pour remonter… à moins que Zig-Zag ne l’ait placée là après coup… pour aller les achever. C’est ce dont je vais m’assurer, car j’ai beau promener ma lanterne, je ne vois rien qu’un terrain noirâtre, et je la remonte pour m’éclairer en descendant.

— Eh bien, je descendrai avec vous, dit Camille.

— Vous n’y pensez pas, mademoiselle. D’abord, ce chemin n’est pas praticable pour une jeune fille… encore, si vous étiez comme hier habillée en homme ! mais vos jupes vous gêneraient trop, et ce n’est pas tout : si les corps de ces deux malheureux sont là, comment supporteriez-vous ce spectacle !

À cette pensée, Camille ne put s’empêcher de frissonner.

— D’ailleurs, reprit M. de Menestreau, ne faut-il pas tout prévoir ? Si Zig-Zag, caché quelque part dans ces ruines s’avisait tout à coup de nous couper la retraite en retirant l’échelle, nous resterions pris dans le traquenard, tandis qu’en restant ici, vous veillerez sur la trappe ; au premier bruit suspect, vous m’avertiriez du danger et je remonterais vivement pour vous porter secours.

— Et si au contraire, le misérable se tenait au fond de cette cave… s’il se jetait sur vous…

— Il serait mal reçu. J’ai en poche un bon revolver à six coups et je lui casserais la tête avant qu’il me touchât. Et il ne pourrait pas me surprendre, car je vais avoir soin de me faire précéder par ma lanterne.

Ayant, dit, le jeune homme, pour couper court à