Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/183

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de nouvelles objections, mit le pied sur le premier échelon et commença à descendre sans lâcher la corde qu’il avait eu soin d’attirer à lui, afin de mettre son fanal hors de la portée d’un assaillant caché dans le caveau.

Camille resta dans des angoisses inexprimables. Ses yeux suivaient la lumière qui s’éloignait d’elle à mesure que M. de Menestreau s’enfonçait davantage et qui ne dissipait que très imparfaitement les ténèbres où il se plongeait de plus en plus.

Enfin, la voix du brave explorateur lui arriva claire et distincte. Il lui criait :

— J’ai pris pied et jusqu’à présent je ne vois rien. Je vais faire le tour du souterrain. Ne vous effrayez pas, si vous perdez de vue ma lanterne. Ce ne sera pas long…

En effet, la lumière disparut et cette éclipse, quoique annoncée, mit le comble aux terreurs de mademoiselle Monistrol.

Il lui semblait qu’elle ne reverrait jamais son hardi défenseur, le seul véritable ami qui lui restât.

Elle attendit une minute, deux minutes, et n’y tenant plus, elle appela M. de Menestreau par son nom.

L’appel resta sans réponse et le fanal ne reparut pas. Alors le désespoir la prit.

— Il est mort, murmura-t-elle. Zig-Zag l’attendait… Zig-Zag l’aura étranglé. Zig-Zag… tue tous ceux que j’aime. Eh bien ! il me tuera aussi.

Et, sans plus réfléchir, elle se prépara à descendre à son tour dans ce gouffre d’où personne ne revenait.

Heureusement, mademoiselle Monistrol n’eut pas le temps de donner suite à ce projet insensé.

Au moment où elle posait le pied sur le premier échelon, une voix amie lui cria d’en bas :