Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/184

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— Me voici, mademoiselle.

Jamais soldat d’Afrique, égaré dans les solitudes du Sahara algérien n’entendit avec plus de joie le clairon de sa compagnie qu’il cherchait depuis de longues heures.

Camille reprit pied sur le plancher du corridor et en se retournant, vit au-dessous d’elle M. de Menestreau qui remontait lestement avec sa lanterne.

Peu s’en fallut qu’elle ne se jetât à son cou quand il arriva en haut, un peu essoufflé, mais intact.

— Eh bien ? lui demanda-t-elle.

— Eh bien, il n’y a personne. Vos amis n’y sont pas et Zig-Zag est loin d’ici.

— Dieu soit loué ! J’ai eu bien peur. Je ne voyais plus votre lumière et vous ne me répondiez pas quand je vous appelais.

— C’est que je n’entendais pas. Cette cave est très vaste et j’ai voulu en faire le tour pour savoir si elle a une issue. Je suis fixé maintenant. On n’y peut entrer et on n’en peut sortir que par cette trappe. Et elle n’a jamais servi qu’à emmagasiner du charbon. Il y en a encore des tas réduits en poussière noire.

— Alors, que sont devenus Courapied et son fils ? Ce misérable Zig-Zag aurait-il enterré leurs corps à la place où ils sont tombés ?

— J’ai eu la même pensée que vous, mais j’ai examiné le sol avec beaucoup de soin et je me suis assuré qu’il n’a pas été remué.

— Ils se seraient donc sauvés par cette échelle ?… c’est impossible, car, en tombant, ils ont dû se blesser gravement.

— Non. La poussière de charbon a amorti le coup. Et j’admets très bien qu’ils se sont servis de l’échelle pour sortir du caveau.