Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/185

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— Et ces brigands qui avaient tendu le piège les auraient laissés fuir ! Je ne puis le croire.

— Je vous dirai tout à l’heure, mademoiselle, comment j’explique leur disparition. Mais nous n’avons plus rien à faire ici, Permettez que j’éteigne mon fanal et que je supprime une preuve de notre passage.

Il souffla sa lanterne, la posa sur le plancher, empoigna les montants de l’échelle, la souleva d’un bras vigoureux, et quand il lui eut fait perdre son point d’appui par en bas, la lâcha dans le vide.

Elle tomba avec fracas sur le sol de la cave.

— Que faites-vous ? demanda Camille stupéfaite.

— Je prends mes précautions pour que personne ne passe plus par ce chemin. Maintenant partons ! dit M. de Menestreau en ramassant sa corde et son falot qu’il venait d’empaqueter.

Mademoiselle Monistrol ne fit pas d’objection. Elle subissait l’ascendant de son défenseur et elle ne songeait point à discuter ses actes ni à résister à ses conseils.

Ils firent encore une fois le tour de la maison et ils reprirent en sens inverse le chemin qu’ils avaient suivi pour y arriver.

Camille attendait que M. de Menestreau parlât, et elle n’osait pas l’interroger.

— Mademoiselle, dit-il tout à coup, je vais vous affliger en vous enlevant une illusion. Vous me demandez où sont ces deux saltimbanques auxquels vous vous êtes fiée. Ma conviction est qu’ils sont allés rejoindre Zig-Zag, et qu’ils étaient d’accord avec lui pour vous attirer dans un piège.

— Eux ! c’est impossible ! Courapied hait ce lâche scélérat