Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/213

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


parce qu’elle voulait me forcer à la présenter à mademoiselle Monistrol.

— Voilà, par exemple, un excès d’impudence ! et je serais curieux de savoir comment cette fille a pu…

— Tu as oublié que le jour où nous l’avons rencontrée, nous avons parlé devant elle de l’assassinat du père Monistrol. Et il faut croire que notre conversation l’a frappée, car elle y revient sans cesse. C’est à ce point que je me demande si elle ne connaît pas le gredin qui a fait le coup. Si c’est vraiment ce saltimbanque de la foire au pain d’épices, je ne m’étonnerais pas trop qu’elle l’eût rencontré dans ses voyages, car je la soupçonne d’être du métier. Je viens de la surprendre exécutant sur un trapèze des tours d’une haute difficulté.

Elle a dû faire partie d’une troupe de Bohémiens acrobates.

— Je suis heureux de constater que tu ne la prends plus pour une vraie comtesse, dit ironiquement Gémozac. Quant à ses relations avec le scélérat que je cherche, je n’y crois pas du tout.

— Si pourtant je parvenais à découvrir que ce beau M. Tergowitz n’est autre que Zig-Zag ?…

— Regarde donc ses mains.

— J’avoue qu’elles sont blanches et que le pouce crochu n’y est pas. Il s’en sert avec une dextérité remarquable. Les cartes glissent entre ses doigts comme des anguilles… Et elles lui sont propices, car il rafle tout. Le major polonais qui l’a invité à dîner pourrait bien nous avoir amené un grec.

— Laisse là les conjectures et fais-moi le plaisir de me dire ce que tu as répondu à ta Hongroise, quand elle a