Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/219

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brave enfant, et pendant que son père se reposait, il se mit à chercher un moyen de sortir de là.

À son âge, on ne se décourage pas facilement, et quelque chose lui disait que sa destinée n’était pas de finir ainsi.

Il chercha à se rendre compte de ce qui leur était arrivé, et à peser les chances de salut qui leur restaient.

D’abord, où étaient-ils ? Cette maison qui avait tant de caves servait-elle de repaire habituel à une bande de brigands ou de faux monnayeurs ? Pourquoi y avait-on laissé des tonneaux, puisque les gens qui l’habitaient autrefois l’avaient abandonnée ?

Le souterrain n’avait-il qu’une issue, ou bien aboutissait-il à une ouverture donnant sur la campagne ? La cave qui lui servait d’antichambre devait être de l’autre côté du mur, au pied duquel ils avaient repris connaissance. Mais où était la porte de communication ? Il s’agissait de la trouver ou d’en trouver une autre. On les avait poussés dans cette boîte de pierres ; puisque on y entrait, on pouvait en sortir. Et si on avait voulu les y tuer, c’eût été déjà fait. Donc, tout espoir n’était pas perdu.

Mais Georget comptait peu sur les secours qui pourraient lui venir du dehors. Mademoiselle Monistrol, elle-même, devait y regarder à deux fois avant de recommencer une entreprise qui avait failli lui coûter la vie, en admettant qu’elle fût encore de ce monde. Georget ne comptait que sur lui-même, car il craignait que les émotions et la chute n’eussent un peu troublé le cerveau de son père.

La grande difficulté, c’était l’obscurité, et, de plus, la privation de lumière lui causait une souffrance physique : ses yeux croyaient voir danser des étincelles, et il lui semblait, par moments, qu’on lui écrasait les paupières.