Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/220

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Que n’aurait-il pas donné d’une simple chandelle et d’un paquet d’allumettes ?

Il se rappela tout à coup que, le matin même, en rôdant sur la place du Trône pour ramasser des morceaux de pain d’épices, il avait pris, sur une table placée devant un café, une pincée de bûchettes soufrées et phosphorées, qu’il voulait rapporter à son père, qui n’avait rien pour allumer sa pipe. La présence de mademoiselle Monistrol l’avait empêché de les lui remettre. Mais étaient-elles encore dans sa poche depuis qu’il avait changé de costume ? Il ne s’en souvenait pas ; et alors même qu’il ne les aurait pas laissées dans la poche de sa culotte de paillasse, elles avaient dû tomber et s’éparpiller sur le sol quand il avait fait la culbute dans le trou.

Il se fouilla avec une indicible émotion, car, suivant qu’il les trouverait ou qu’il ne les trouverait pas, c’était la vie ou la mort.

Bientôt, il poussa un cri de joie, qui ne réveilla pas Courapied.

Les allumettes y étaient.

Georget, avec des précautions infinies, tira de la poche de son pantalon ces allumettes, cent fois plus précieuses pour lui, en ce moment, que des diamants ou des perles.

Mais sa joie fut de courte durée, car en les comptant, il constata qu’il y en avait en tout neuf !

Ce n’était pas avec cette mince provision qu’il pouvait découvrir une issue pour sortir du souterrain, et, dans tous les cas, il fallait la ménager, car autant d’allumettes brûlées, autant de chances de salut perdues.

Prendraient-elles feu, seulement, quand il voudrait s’en servir ? L’humidité de la cave pouvait les avoir détériorées au point de les empêcher de s’enflammer.