Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/22

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figure sympathique et elle crut pouvoir s’adresser à lui.

— Monsieur, lui dit-elle avec émotion, vous me jugez sans doute très mal après la scène que je viens de faire, mais quand vous saurez qui je suis, vous ne refuserez pas de prendre ma défense. Je vous jure que j’ai dit la vérité en accusant ce clown.

La prière de Camille fut interrompue par le sergent de ville, qui mit la main sur elle.

— Ne me touchez pas, dit la jeune fille, en le repoussant.

— Enlevez-la ! hurlèrent les spectateurs, qui trépignaient de joie.

Zig-Zag, du haut de ses planches, suivait des yeux le conflit, mais il n’en attendit pas la fin. Il fit la révérence, à la mode des clowns, et en trois bonds sur la tête, il rentra dans la coulisse.

— Je suis prête à vous suivre, reprit Camille.

Frappé sans doute de la fermeté de son attitude, le monsieur dont elle avait réclamé l’appui se décida à intervenir.

— Je sors avec vous, madame, lui dit-il, à demi-voix.

L’autre, le camarade qui l’accompagnait dans ce voyage au pays des saltimbanques, ricanait sous sa moustache et trouvait son ami prodigieusement ridicule, mais il ne l’abandonna point, et ils escortèrent tous les deux Camille, emmenée par le sergent de ville.

Le cortège, en traversant l’estrade, passa sous le feu des mauvais propos de la fée et de la vieille assise au contrôle.

— Une pannée comme ça, qui entre sans payer et qui